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Attention, insecte utile!
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Au milieu des années 70, aux États-Unis, on a banni plusieurs colorants rouges
synthétiques par crainte de leurs effets cancérigènes.
Cette crainte a permis le développement d'une industrie, au Pérou, qui pourra donner du travail aux habitants des régions rurales de ce pays.
Et tout cela grâce à un petit insecte rouge appelé cochenille.
Cet insecte provient des plateaux désertiques des Andes péruviennes où il vit dans les cactus. On en tire un colorant naturel appelé carmin, que l'on peut utiliser dans les aliments, les médicaments et les cosmétiques. Il s'agit d'ailleurs du principal colorant rouge approuvé par la Food and Drug Administration des États Unis.
Deux chimistes de l'Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, les professeurs Cam Oehlschlager et Eva Czyzewska, ont mis au point un processus d'extraction amélioré du carmin. Pour leurs recherches, faites de concert avec l'Instituto de Investigacion Technologica Industrial y de Normas Technicas de Lima, au Pérou, ils ont reçu une subvention de 132 000 $ du Centre canadien de recherche pour le développement international. Le nouveau procédé permet d'obtenir un colorant plus pur (62 % plutôt que 52 %) et un plus haut rendement (24 % plutôt que 20 %) que l'ancien.
La méthode améliorée consiste à extraire d'abord le carmin des insectes au moyen d'une eau chaude déminéralisée à laquelle des sels ont été ajoutés pour en contrôler l'acidité. Il est important que l'eau soit déminéralisée, parce que le carmin change de couleur lorsqu'il entre en contact avec les minéraux d'une eau dure non traitée.
L'extrait est ensuite filtré et traité à l'alun, au carbonate de calcium et à l'acide citrique. Le colorant est précipité en complexe calcium-aluminium.
Le colorant est ensuite isolé par centrifugation, séché et mis en suspension dans du talc pour le rouge à joues ou de la cire pour le rouge à lèvres.
Le Pérou est le plus grand fournisseur mondial de cochenilles. Moins de la moitié de ces insectes sont traités et vendus comme colorant. Le reste est vendu séché. Le gouvernement péruvien veut augmenter la production de carmin traité. Aprés tout, on trouve des cochenilles en très grand nombre et les habitants des régions rurales ont l'expérience du ramassage et du séchage des insectes; en outre, la technique d'extraction du colorant est relativement simple.
L'usine pilote où l'équipe de l'Université Simon Fraser a participé à l'amélioration du procédé a été offerte au secteur privé, à la condition qu'elle reste près des producteurs de cochenilles et continue de fournir du travail aux habitants des campagnes.
Les consultants de la Banque mondiale qui ont travaillé en Bolivie se sont aussi intéressé au projet. Dans les régions semi-arides de l'Amérique latine où le cactus est la seule culture possible, ces insectes peuvent permettre d'accroître l'industrialisation des campagnes et donner du travail aux populations locales.
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