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La chimie au service de la lumière
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Votre
jeu vidéo pourrait sans doute être plus enlevant si vous
pouviez faire quelque chose de spécial pour mettre votre PC à
niveau. Lorsque ses électrons ne suivent plus, le moment est
peut-être venu de donner à votre ordinateur des puces de
lumière. C'est là qu'entrent en scène l'optique,
l'optoélectronique et la photonique (OPP(S)!). Il est certain
que la voie de l'avenir en informatique numérique passe par une
combinaison quelquonque de ces sciences. L'optique, bien sûr,
utilise des lentilles, des prismes et des miroirs pour
transformer la lumière. En optoélectronique, un signal optique
(lumière) est converti en un signal électronique, et
vice-versa. La photonique y va beaucoup plus doucement. Elle
n'utilise aucune composante électronique et ses produits
optiques sont le résultat d'intrants optiques. Le professeur M.
Andrews de l'Université McGill, à Montréal, travaille
actuellement sur la fabrication de fils optiques destinés aux
ordinateurs optiques.
Un ordinateur ordinaire fonctionne en faisant circuler des
électrons dans des puces de silicium, sur des parcours faits de
microfils qui, ensemble, constituent des circuits intégrés. Les
ordinateurs optiques, pour leur part, fonctionnent grâce à des
circuits optiques intégrés qui acheminent des rayons lasers sur
des parcours transparents faits de conducteurs optiques très
fins appelés guides d'ondes. Les fils optiques sont une forme de
guide d'ondes. Des molécules de colorant organique peuvent être
conçues pour réagir aux rayons lasers de telle manière que les
ondes de lumière soient en phase ou hors phase. L'interférence
constructive (effet additif) ou destructive (effet d'annulation)
des ondes lumineuses peut ensuite servir à créer les valeurs
logiques "un" et "zéro" qui sont à la base
du fonctionnement des ordinateurs conventionnels.
Un programme semblable, mis sur pied par le professeur de
chimie A. Natansohn, de l'Université Queen, et le professeur de
physique P. Rochon, du Collège militaire royal, tous deux à
Kingston, a pour objectif la création d'une mémoir optique.
Aujourd'hui, tout le monde connaît le disque compact (CD). Sur
un disque compact type, l'information est inscrite sous forme de
minuscules perforations sur la surface d'un polymère. Chaque
perforation a la valeur 1", tandis que la surface intacte a
la valeur 0. C'est ainsi qu'on bâtit une mémoire binaire. Le
principal désadvantage des disques compacts comme supports de
mémoire, c'est qu'ils constituent une mémoire morte (ROM pour
Read Only Memory) ou inscriptable une seule fois (WORM pour Write
Once Read Many Times). On ne peut donc y inscrire qu'un seul jeu
d'information. Les matières mises au point à Kingston sont du
type mémoire à accès direct (RAM pour Random Access Memory)
(semblable au ruban d'une cassette) sur lesquelles on peut
"écrire", "lire", "effacer" et
"réécrire" aussi souvent qu'on le désire. Quelles
sont les particularités de ces matières? D'abord, elles
diffèrent du disque compact en ce sens que le polymère d'une
RAM n'est pas modifié chimiquement ou physiquement de façon
permanente. Le polymère utilisé est fait de groupes de tiges
distribuées de façon aléatoire (état 0) qui, lorsqu'elles
sont exposées à la lumière polarisée, s'alignent et restent
alignées indéfiniment (état 1"), jusqu'à ce qu'elles
soient exposées à un autre type de lumière polarisée qui
ramène les tiges à leur état d'origine (état "0").
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