La
chimie et l’analyse de l’environnement
Depuis
la révolution industrielle du XIXe siècle et avec les nombreuses percées
technologiques réalisées jusqu’à ce jour, un grand nombre
d’entreprises ont été créées au Canada comme ailleurs dans le
monde. Bien que ces sociétés produisent en général des articles
destinés à améliorer la condition humaine, les déchets et les gaz
s’échappant de leurs usines ont eu et ont encore pour effet de nuire
à l’environnement. Au pays, c’est avant tout Environnement Canada
qui se charge d’échantillonner et d’analyser la pollution de l’air
et de l’eau. Pour y arriver, ce ministère a recours à des chimistes
et des techniciens en chimie
analytique qui évaluent les taux de pollution et de contamination dans
la nature. Environnement Canada est l’un des ministères dont les
nombreux laboratoires embauchent des spécialistes en chimie.
L’un
d’eux est Stephen Beauchamps, chimiste à l’évaluation de la qualité
de l’air au
service
d’Environnement Canada à Dartmouth (Nouvelle?Écosse). Son travail
consiste à dépister les différents polluants dans l’air et à les
doser. Pour ce faire, il utilise des appareils comme le « détecteur
de mercure en phase gazeuse » ou encore le « spectrophotomètre par
brassage », tous deux de
conception et de fabrication purement canadienne. Ce second instrument
sert notamment à déterminer
le taux d’ozone au niveau du sol, excellent indice de la qualité de
l’air urbain (à ne pas confondre avec
la couche d’ozone). En effet, la
combustion d’hydrocarbures (essence, gaz naturel, huile,
charbon, etc.) rejette dans l’air des molécules polluantes (NO2,
NO, composés organiques volatils) qui réagissent avec la lumière du
soleil pour produire des molécules d’ozone, indicatives
du
niveau de pollution.
D’autres
instruments comme des analyseurs de gaz, conçus par des équipes
multidisciplinaires dont des chimistes et des ingénieurs chimistes,
servent plus précisément à identifier les gaz polluants
et
leur concentration (SO2,
SO2,
CO2...).
Ces analyseurs captent des échantillons d’air, lesquels sont exposés
à une lumière spéciale. Les molécules de gaz reçoivent cette énergie
lumineuse sous la forme d’une longueur d’onde qu’elles absorbent.
Elles retransmettent ensuite cette énergie sous la forme d’une autre
longueur d’onde
spécifique
qui, elle, sera captée par un détecteur photosensible. Chaque longueur
d’onde réémise étant spécifique et caractéristique de chaque molécule
polluante, l’ordinateur intégré peu déduire la nature du polluant et
sa concentration dans l’atmosphère.
L’analyse
de la qualité de l’eau est tout aussi importante que celle de l’air
pour déterminer le tauxde pollution régionale, surtout dans les
Maritimes où les précipitations de pluies acides sont nombreuses. Des
échantillons d’eau prélevés dans des lacs et des cours d’eau sont
analysés par des chimistes en laboratoire qui leur font passer une
batterie de tests. Les premiers tests visent à évaluer les propriétés
de l’eau comme le pH, la conductance et la turbidité (détection de
particules en suspension). D’autres permettent de déterminer la présence
de coliformes fécaux (bactéries) et autres micro-organismes. On procède
ensuite à l’analyse des polluants contaminants. On retrouve dans cette
catégorie les engrais, les pesticides et les herbicides des régions
agricoles, les métaux lourds comme le mercure, le cadmium, le zinc et le
cuivre ainsi que les retombées des pluies acides sous forme
d’oxydes d’azote et de dioxydes de soufre. Tous ces produits
chimiques peuvent être identifiés et quantifiés grâce à une panoplie
de tests et de réactions chimiques élaborés par des chercheurs en
laboratoire.
Un
exemple, l’analyse des nitrates (NO3)
par colorimétrie : elle consiste à verser une partie de
l’échantillon dans un tube de verre en serpentin contenant du cadmium.
Ce catalyseur transforme le nitrate en nitrite (NO2),
lequel est récupéré et mis en présence d’un réactif appelé
sulphanilamide pour former un composé
diazoté.
Ce dernier composé réagit avec une certaine quantité de N(1naphtyl) éthylènediaminedi‑hydrochlorure
pour être transformé en teinture azotée de couleur rougeâtre.
L’intensité de la couleur est directement proportionnelle à la
quantité initiale de nitrate et peut être déterminée par un colori mètre.
Bien
que de nouvelles lois aient été adoptées pour limiter la pollution au
Canada, il n’en reste pas moins que des milliers de nouveaux produits
chimiques voient le jour chaque année et que ces produits ou leurs procédés
de fabrication polluent notre air et nos eaux. De ce point de vue,
l’avenir de la chimie sera de développer de plus en plus de produits
non toxiques et non polluants et de
concevoir
des techniques de dépollution.
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